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Transcription du registre des baptêmes de Brûlon, 1763.
Aujourd'huy, vingt six du mois de décembre mil sept cent soixante trois, ont été baptisé par nous, curé soussigné, assisté de maître Pierre LEFÈBVRE, prêtre souscité, Claude et Marie Marthe, jumeaux, nés, le premier d'hyer et l'autre de ce jour, du légitime mariage de maître Ignace CHAPPE, avocat en parlement, seigneur d'Auteroche et contôleur général du domaine du roy au département de Laval, demeurant en la ville de Laval et du présent à Brûlon, et de Dlle Marie Renée DEVERNAY, son épouse.Ont été parrain de Claude, Claude NOUET, écuyer et ancien officier de la maison du roy, demeurant à Vallon, faisant pour luy, Jacques ROQUET,demeurant en la paroisse de Brûlon, canton du même, marraine, dame Madeleine DELAFARGE, veuve de maître Jean CHAPPE, aussi avocat en parlementet seigneur d'Auteroche, demeurant en la ville de Mauriac, dans la Haute Auvergne, et faisant pour elle, Marie PLU, épouse du dit ROUQUET ; et de Marie, messire Jean François LEFÈBVRE, héros d'armes de France, dutitre de Stonge, demeurant p(a)r(oi)sse de Ceville, et ce, en présencedu père ci dessus nommé, lesquels ont signé avec nous, fort les dits ROQUET et femme, qui ont déclaré ne le savoir de ce enquis.
Le 23 janvier 1805, l'inventeur met fin à ses jours en se jetant dans le puits de l'hôtel de Villeroy, 9 rue de l'université à Paris 7ème.
Chappe (l'abbé Claude), ingénieur né à Brûlon (Sarthe) en 1763, mort àParis le 23 janvier 1805. Il se voua à la prêtrise, fut pourvu tout jeune de deux bénéfices assez lucratifs et put ainsi s'adonner librement àses études favorites, la mécanique et la physique. Venu à Paris, il s'y monta un cabinet et attira de bonne heure l'attention du monde savantpar une série de recherches sur l'électricité et le pouvoir des pointes; on lui doit l'expérience des bulles de savon électrisées et rempliesd'hydrogène, reproduisant par leur détonation au contact de l'air le phénomène de la foudre.
En 1789, il perdit ses bénéfices, retourna dans son pays natal et y retrouva son frère aîné Ignace, et ses trois cadets, Pierre-François, Renéet Abraham. II leur fit bientôt connaître (1790) son idée de transmission rapide et régulière des ordres du gouvernement au moyen de signauxet sollicita leur concours pour la réalisation pratique de ce projet. Tous cinq se mirent à l'oeuvre, sous la direction de Claude; plusieurs systèmes de communication optique furent tour à tour imaginés, essayés et abandonnés; des expériences, contrariées par la malveillance, eurentlieu à Paris en 1791 et 1792. Enfin, un appareil, que Claude appela d'abord tachygraphe, puis télégraphe, fut soumis, en 1792, à l'Assemblée législative. L'année suivante, les frères Chappe furent autorisés à construire entre Paris et Lille une première ligne, terminée en août 1794.La Convention conféra à Claude reçut de le titre d'ingénieur télégraphe.
On ne tarda pas naturellement à lui contester la priorité de son invention et à en discuter la valeur. Des compétitions nombreuses se produisirent. Mais le gouvernement conserva aux Chappe la construction de toutes les lignes télégraphiques et la direction de ce nouveau service public. Cependant Claude, affecté par les attaques incessantes dont il étaitl'objet, tomba dans une mélancolie profonde et se jeta, dit-on, dans un puits.
Ignace et Pierre, qui lui avaient été adjoints dès 1793, lui succédèrent comme administrateurs des lignes télégraphiques et furent remplacés àleur tour, en 1823, par René et Abraham, destitués eux-mêmes par le gouvernement de Juillet 1830. Claude Chappe n'a évidemment pas eu la première idée des signaux; usités de tout temps, surtout par les marins, leur emploi régulier comme mode de correspondance avait même déjà préoccupé divers savants. Mais les Chappe ont su, les premiers, établir des lignes télégraphiques au moyen desquelles on put transmettre toutes sortes d'idées à de longues distances et avec célérité. Grâce à un vocabulaire numéroté de neuf mille mots, leur appareil n'exigeait, en effet, pour chaque mot qu'un maximum de quatre signes au début, de deux ensuite,et leurs stations, établies à deux ou trois lieues les unes des autres,pouvaient transmettre en quelques minutes une dépêche de Paris à Lyon.(Léon Sagnet).
En bibliothèque - Claude Chappe a publié dans le Journal de physique (1789-92) et dans les Annales de chimie (1789) d'intéressants articles sur l'électricité et la décomposition de l'eau. On lui doit en outre Lettres sur le nouveau télégraphe (de Bréguet et Bétancourt) (Paris, 1798,in-8).
J. J. Boeckmann, Uber Telegraphie und Telegraphen, Carlsruhe, 1794, in-8. - Moniteur universel du 28 janvier1805. - F. G. Aigueperse, Bioqraphie des personnages dAuvergne; Clermont-Ferrand, 1831, t. I, in-8. - N.Desportes, Bibliographie du Maine; Le Mans. 1811, in-8.
Voir aussi l'Histoire de la Télégraphie d'Ignace-U-J. Chappe (Paris, 1824, 2 vol. in-8, dont un atlas; Le Mans, 1840, id.). L'édition de 1840est précédée d'une Introduction écrite par le plus jeune des frères del'auteur, Abraham, et contenant de nombreux renseignements sur la vie des frères Chappe et sur les circonstances de leur invention.